Les risques liés à la construction de l’usine de cuivre-nickel en Russie

A l’heure actuelle, un des thèmes les plus discutés dans la région de Voronej est la question de la construction de l’usine des métaux non-ferreux sur son territoire.

Le 26 décembre 2011 la Russie a pris la décision d’exploiter les gisements  de cuivre-nickel de Iélanskoïé et de Iolkinskoïe (le décret № 2360-р) qui se trouvent dans la région municipale de Novokhopersk (la région de Terre Noire). Cette décision a été signée par Vladimir Poutine.

Ces gisements ont été découverts dans les années 60. En 1977 l’URSS avait décidé de ne pas les exploiter.  Cette décision a été prise en raison du profil agricole de la région, des difficultés techniques de l’exploitation et de la proximité des réserves naturelles de la rivière Khoper et de la forêt Telerman.

Aujourd’hui, on prévoit d’y construire plusieurs mines pour l’extraction des  minéraux, une usine qui produira du concentré de cuivre-nickel, un site de stockage des détritus d’exploitation minière, une réserve spéciale d’eau, et des sites de stockage de produits finis.

Cependant, il y a beaucoup de risques concernant ce projet.

Le premier risque concerne le profil agricole de la région de Novokhopersk. Elle favorise la production agricole car sa terre noire est  unique et riche en humus. Cette sorte de terre est considérée comme la plus fertile et elle acquiert ces particularités après des dizaines de milliers d’années. Pour exemple, 1 centimètre de terre noire se constitue après 100 années.  En 1889 à l’exposition universelle à Paris, la pièce de terre noire de 1,5 mètres   transporté  depuis Novokhopersk a été présentée. Il n’y a que 4% de cette sorte de terre dans le monde dont  2% se trouvent en Russie.

En outre, l’agriculture de la région concernée apporte un bénéfice économique considérable. En 2011 la région a gagné plus de 3 billions de dollars US. En même temps il n’est pas évident que la construction de l’usine donne des bénéfices économiques. Le chiffre d’affaires de l’exploitation de cuivre-nickel sera bien moindre, alors que l’usine puisse produire un impact négatif sur la qualité de la production agricole car plusieurs dizaines d’exploitations agricoles se trouvent à proximité des mines prévues de cuivre-nickel.

Le deuxième risque est lié à la crise alimentaire mondiale. De ce côté-là, une décision de lancer une exploitation minière au cœur d’une région agricole est déraisonnable.  «La doctrine de la sécurité alimentaire de la Fédération de la Russie», lancée par la crise globale de l’alimentation en 2008-2009, a été signée en 2010 par Dmitri Medvedev. La décision d’exploitation de cuivre-nickel dans les territoires agricoles contredit la position fondamentale de la doctrine.

Selon la doctrine, la production nationale doit suffire pour toute la population.  Donc, la construction de l’usine peut avoir des conséquences négatives vu la crise alimentaire mondiale et le profil agricole de la région de Voronej.

Il faut remarquer qu’il y a des savants qui sont contre la construction de l’usine. Par exemple, selon Alexander Novikov, président de l’Institut des études humanitaires et des problèmes de la sécurité alimentaire, la région de Terre Noire est un territoire extrêmement favorable à la production agricole. Les décisions liées au développement industriel de la région doivent être prises avec le consentement de la population. Les dizaines des milliers de personnes – petits producteurs, agriculteurs, fermiers – seront forcées de changer leur domaine de travail. Cela signifie une migration considérable de populations vers d’autres régions. La Russie étant un pays nordique possèdant des  terres uniques, riches en humus, il faut faire tous possible pour empêcher «l’apparition de l’industrie polluante dans cette région».

Finalement, il y a des risques écologiques. Il  est certain que l’hydrosystème sera gravement endommagé ayant  des conséquences négatives pour le bassin de la mer Azov. Si la construction de l’usine se réalise, il y aura l’inondation de la rivière Don qui se jette dans la mer Azov. Grâce à la réserve naturelle, la rivière Khoper où habitent différentes espèces de poissons et d’animaux est très propre. Le gisement de cuivre-nickel  se trouve en dessous de la rivière Savala, l’affluent de Khoper. L’utilisation de l’eau lors l’exploitation des minerais entraînera une baisse du niveau de Khoper et une destruction partielle de la réserve naturelle. Une consommation importante d’eau est  inévitable dans le cas de la construction de l’usine, puisque le processus d’enrichissement d’une tonne de minerai nécessite 50 tonnes d’eau.

La réserve naturelle de Khoper est importante pour la région. Elle se trouve à seulement 15 km des gisements des minerais. La réserve naturelle est une des plus grandes réserves européennes. De nombreuses espèces d’oiseaux y habitent: le pygargue à queue blanche (une espèce qui est en train de disparaître), le faucon pèlerin, l’aigle doré, l’outarde, la canepetière et le desman de Russie. Ces dernières années le nombre de desmans s’est considérablement réduit dans la région, notamment en raison des activités des braconniers. Aujourd’hui une équipe de chercheurs avec l’appui du WWF travaille sur le recensement de cet animal.

A proximité des gisements se trouve également la forêt de Telerman – «une forêt relique» qui occupe 40 000 ha, constituée essentiellement de chênes dont l’âge varie entre 200 à 500 ans. Cette forêt a une grande valeur en raison de la rareté de  massifs naturels qui occupe une grande surface.

Un autre facteur négatif est la complexité des sols: la couche supérieure de minerai se trouve sous une couché de 300 m de roche sédimentaire. Les couches de minerai descendent verticalement jusqu’une profondeur de plus d’un kilomètre ce qui fait l’extraction plus coûteuse.

Toutes les procédures liées à ce projet se passent en vacuité d’informations. Par ailleurs,  il y avait beaucoup de violation des conditions du concours du 22 mai 2012 :  l’absence d’information officielle par rapport à l’organisation du concours, les activités non-affichés du pouvoir régional et fédéral sur le projet de la construction de l’usine de cuivre-nickel, les expertises écologiques n’étaient pas publiée, les habitants locaux n’ont pas été informés vis-à-vis du concours, l’avis de la population de la région n’est pas pris.

«Mednogorski medno-serny kombinat» («usine de cuivre et soufre de Mednogorsk»)  qui a gagné ce concours n’a pas au fond les techniques nécessaires pour l’exploitation du gisement correspondant aux exigences écologiques internationales. En plus, selon les conditions du concours les résultats auraient dû être affichés au bout de cinq jours après l’organisation du concours. En réalité, les résultats ont été affiché au début du juin de 2012 ce qui prouve la violence directe des conditions du concours. Donc, le concours était illégal.

En outre, la législation russe et les principes de la démocratie exigent l’organisation d’études environnementales et un accord de la population locale avant d’approuver une construction d’une usine industrielle.

Au fond, il y a des fraudes à l’étape de documentation et des financements destinés à une étude complémentaire des gisements. Il semble qu’il soit impossible d’arrêter le processus sans intervention sérieuse de la société civile et des dirigeants fédéraux de la Russie.

Selon les conditions du concours, une licence d’exploitation sera valable pendant 25 ans. Cela laisse une possibilité d’extraire au premier lieu les minerais les plus riches en cuivre-nickel. Après cette étape, l’exploitation du gisement sera peu rentable. Après l’expiration de la licence on peut ne pas avoir les responsabilités pour protéger l’écologie après l’extraction des minerais.

Les habitants locaux sont inquiets par le projet d’exploitation du gisement qui se déroulera à coté de leurs lieux de résidences. En 2013 plus de 30 000 signatures ont été collectées en trois mois pour la pétition contre l’exploitation du gisement de cuivre-nickel. Il y a avait des manifestations qui ont rassemblé de 3 à 10 milles personnes. Environ 400 automobilistes en août de 2013 ont  formé une colonne de 10 km de long en démontrant leur discordance envers la construction de l’usine. Les militants ont affirmé leurs volontés de lutter utilisant tous les moyens contre le projet.

Les autorités à tous les niveaux préfèrent fermer leurs yeux à la mobilisation sociale autour la question de la construction de l’usine. Le parlement de la région de Voronej a refuser l’organisation le référendum sur le problème.

La situation dans la région est  suivie par les organisations de société civile, politiques et de défense des droits en Russie. Les écologistes confirment tous les dangers du projet, WWF et Greenpeace sont très inquiets de la décision de construire un site d’extraction à proximité de réserves naturelles et dans des zones à forte densité de la population. Plusieurs députés de la Douma d’État ont adressé des courriers au président et aux membres du gouvernement demandant  d’annuler une décision prise d’une façon unilatérale.  Mais  le pouvoir local et fédéral reste «muet».

Mouvement «Pour la défense du Khoper»

Contacts:

Coordinateur du mouvement  écologique «Pour la défense du Khoper»

Konstantin Roubakhine

rubahin@gmail.com

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